Nuages sur le business networking ?
Depuis l'article publié par CNET le 2 juin dernier, Five reasons social networking doesn't work, une partie de la blogosphère française s'interroge sur l'utilité des outils de réseautage en ligne dont les représentants les plus en vue sont Linkedin, Openbc, Viaduc et 6nergies. Ainsi Benoit Lacherez, Xavier de Mazenod et Benoît Mouren font part de leurs interrogations.
Les arguments de Molly Wood, repris par Benoît Mouren, en italique dans ce qui suit, ainsi que mes réponses sont :
- Il n'y a rien à y faire . Pour elle c'est comme être invité à une soirée où il faut aller, y aller et s'apercevoir qu'il n'y a rien à manger ni à boire, pas de groupe, pas de jeux, pas de piscine, rien.
Réponse : On peut aussi amener à boire et à manger, autrement dit il faut passer d'une logique de consommation de relations à une logique d'enrichissement de relations. Autrement dit ne vous demandez pas ce qu'un réseau peut faire pour vous mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour lui et vous verrez que vos relations vous donnerons beaucoup en retour. Ceci étant il est vrai que les plateformes de networking peuvent encore largement s'améliorer d'un point de vue fonctionnel et quand je vois la richesse des demandes d'évolutions émises par les utilisateurs de 6nergies, il faudrait d'ailleurs que je m'y mette également, je suis confiant sur l'évolution fonctionnelle de ce service. - Ca prend trop de temps. Il y a moins d'infos pertinentes que sur les blogs, google actualités, ou autres. Les blogs sont plus personnels et sont plus efficaces pour gérer son image personnelle.
Réponse : Il est vrai que cela prends du temps mais dire que cela prends trop de temps nécessite aussi de dire par rapport à quoi. Est-ce par rapport à l'absence de démarche proactive de networking ? est-ce par rapport au mail, au téléphone, au bouche à oreille... Si c'est par rapport à une non démarche alors il est évident que tout prends plus de temps... Les blogs sont bien évidemment des formidables générateurs de relations mais il est tout aussi évident que tout le monde ne va pas se mettre à blogguer et il y a d'ailleurs plein de raisons de pour cela : absence de temps, d'envie, de compétences à partager, contraintes, etc... La mémoire de Google est aussi un inconvénient car il fréquent de tomber sur des informations obsolètes qui ne font qu'encombrer l'internet. - Le trafic seul ne suffit pas. Les annonceurs sont plus matures. Il leur faut une audience ciblée avec des messages dédiés.
Réponse : il s'agit là de l'éternelle question du modèle économique, au contraire sur ces sites l'audience est parfaitement ciblée. Lorsque les plateformes de networking auront trouvé des fonctionnalités percutantes je suis convaincu que la question du modèle économique sera résolue automatiquement, franchement est-ce que vous trouvez que quelques euros par mois représente une somme exhorbitante pour avoir des contacts professionnels ? Personne ne trouve choquant de payer 9,95 € par mois pour un abonnement d'un an sur Meetic. - Les étrangers saoulent. Finalement, l'idée de rencontrer de nouvelles personnes n'est pas si intéressante qu'elle en a l'air. On est vite submergé par des demandes en tout genre.
Réponse : si les étrangers vous saoulent je conseille d'aller consulter un psy ou de partir sur l'île de Robinson, par ailleurs le fameux spam social auquel il est fait allusion dans cet argument est largement surestimé et il est aisément contrable car un site de networking est un système fermé alors que l'internet est bien évidemment ouvert. La réception d'un spam peut être également l'occasion de faire un examen critique pour voir si son profil est suffisamment explicite pour éviter que des personnes ne vous contactent inutilement. - Nous avons déjà l'Internet. Le dernier argument en faveur des réseaux sociaux est qu'il permettent de retrouver les informations pertinentes dans le fouilli du web. Molly Wood rétorque que les outils de recherche type Google sont quand même plus efficaces pour trouver une info que de demander à l'ami d'un ami d'un ami si...
Réponse : l'expertise humaine devient de plus en plus indispensable dans un monde complexe pour interpréter une information, sans ce regard affuté nous risquons tous de passer à côté de la véritable valeur d'une information. Franchement il n'est pas sérieux de réduire le monde à celui indexé par Google... En particulier un réseau de relations me semble plus pertinent pour détecter des signaux faibles qu'une requête Google ou Technorati.
J'espère que les sites de networking auront le temps de passer de l'enfance à l'âge de la maturité car nous avons besoin d'eux. Bonne chance !






En fait, il est facile d'analyser ce qui se passe : c'est le phénomène classique de la "courbe du hype" chère au Gartner Group !
Après avoir atteint son "pic des attentes", la vague des réseaux sociaux est en train de plonger dans le "puit de la déception". Tout cela est une réaction normale = trop d'attentes génére un choc en retour.
Dans le même genre, on voit également le vieux débat resurgir : "les réseaux sociaux, ça sert à rien, les blogs c'est mieux !". Comme si les blogs pouvaient représenter une solution généralisable à tous !
Soyons sérieux...
Pour revenir à la situation actuelle, elle est meilleure qu'il n'y parait : le débat sur la valeur d'usage est un bon débat car c'est effectivement aux réseaux sociaux à démontrer leur justification par leur efficacité.
Cependant, je retiens surtout un point dans l'argument de l'article de CNET : ça prend trop de temps. C'est vrai mais c'est normal : un blog aussi est terriblement chronophage.
Le networking prend du temps, entretenir son réseau de relations prend du temps et ce temps, il vaut mieux l'investir dans la durée, avec des outils fait pour cela que de réagir en mode panique quand, tout d'un coup, on a terriblement besoin de "faire jouer son réseau"... c'est là qu'on s'aperçoit que ça ne marche pas comme cela.
Rédigé par: Alain Lefebvre | le 12/07/2005 à 21:53
Il est vrai que les outils modernes de "networking" sont chronophages - l'une des difficultés consiste d'ailleurs à ne pas s'éparpiller dans une offre qui s'élargit. Mais ils ne sont pas magiques : autrement dit, pour être efficaces, ils demandent un investissement, sur la durée. D'abord pour s'approprier l'outil, techniquement, ensuite pour apprendre à en tirer un réel profit.
En gardant à l'idée, comme vous le dites, que le bénéfice qu'en retire l'utilisateur est directement proportionnel à ce qu'il apporte et propose à la collectivité. Sur Internet comme dans la vie, il faut donner pour espérer recevoir...
Rédigé par: Marc Traverson | le 13/07/2005 à 09:42
excellentes réponses Stéphane.
cette dame confond "clubbing pique-assiette" et "networking". la première population ne peut se plaire dans la seconde puisqu'elle se complait dnas le snobisme "J'en-suis-et-j-y-etais".
Désolant par la pauvreté de l'échange (voire son inexistence) mais encore très pratiqué.
Comme il faut, il vrai un peu de temps pour le "networking" une élimination naturelle des "people" va se réaliser. Ainsi, ceux qui ont l'esprit ouvert rencontreront les personnes jusqu'alors inconnues et échangeront. Les autres disparaitront ou se fossiliseront dans leur mondanités, faites pour se rassurer "d'être avec des gens qui leur ressemblent tant". La qualité plutôt que la quantité.
Décidément, les buts "clubbing/networking" sont nécessaires divergents :)
Rédigé par: sophie januel | le 18/07/2005 à 20:01
Pour compléter le débat, si vous ne l'avez pas lu, je vous conseille : "Linking Out after Two Years of Linked In" de Russell Beattie, un déçu du Social Networking qui se retire de linked-in après 2 ans de temps investi. "I gave it plenty of time to be useful, but it just hasn't done anything at all for my life." ça reste un point de vue personnel mais il devient urgent de montrer aux utilisateurs de ces services quelle véritable valeur ils créent (pour l'utilisateur bien sûr...)
Rédigé par: Benoit | le 20/07/2005 à 17:52